Il n'aura fallu que quelques années au parc Pairi Daiza pour s'imposer comme une attraction majeure en Belgique et même en Europe... Mais si l’arrivée d’un couple de pandas chinois, puis de leur bébé, ont fait la une de l’actualité, c’est surtout la question de la mobilité aux alentours du parc qui est à l’agenda des édiles locaux et des riverains. Car avec plus d’un million de visiteurs sur une saison, le succès du parc se traduit aussi par une hausse considérable de la circulation routière, avec à la clé des nuisances pour les riverains et de nombreux embouteillages... mais aussi une solution innovante développée en commun par le SPW Wallonie et les communes riveraines, récompensée en janvier dernier par un Smart City Award Agoria pour la commune de Brugelette.

Objectif fluidification du trafic

Conscient du problème de mobilité dans les communes riveraines, Maxime Prévot, ministre wallon des travaux publics et de la sécurité routière, a chargé son administration de trouver une solution. L'objectif ? Étudier comment mettre en place le meilleur contournement possible des villages de Brugelette et de Gages, mais aussi de Cambron-Casteau, de Lens et de Chièvres. "L'ambition est de fluidifier au maximum la circulation vers le parc, et en particulier dans le village de Gages. Grâce à ce projet, nous disposons de tous les éléments pour choisir avec Pairi Daiza la meilleure solution parmi les 5 tracés potentiels de contournement", explique André Desmarlières, bourgmestre de la commune de Brugelette et tout récent lauréat d'un Smart City Award, catégorie digitale, pour ce projet de contournement qui a mis l'innovation digitale au centre de sa démarche.

Des données de téléphonie mobiles pour cartographier les déplacements

Pour mettre toutes les chances de son côté, le SPW Wallonie a décidé de baser son étude sur des relevés de circulation les plus précis possibles. Et pour ce faire, le SPW a opté pour une solution technologique particulièrement innovante. Caroline Pourtois, directrice de la Gestion du trafic au SPW : "Le postulat de base ? Utiliser les données mobiles émises par les téléphones portables des personnes se trouvant aux alentours du parc pour mesurer l’ampleur du trafic et ses caractéristiques. Nous avons donc collaboré avec Orange Belgique pour accéder aux données mobiles émises par ses réseaux mobiles 2, 3 et 4 G sur une période déterminée. La valeur ajoutée d’une telle collaboration ? Orange possède les données, et nous avons la connaissance du trafic. Chacun amène donc sa pierre à l’édifice pour définir la meilleure solution possible."

 

Des big data rétroactives qui font la différence

Et l’un des aspects les plus intéressants de cette approche est la possibilité d’accéder à des données antérieures au lancement du projet. "Dans ce cas-ci, les données récoltées l’ont été sur une période rétroactive de 150 jours, ce qui nous a permis de tracer l’ensemble d’une saison", précise Caroline Pourtois. "Ces ‘big data’ et leur analyse ont notamment permis de tracer les déplacements d’un téléphone, bien entendu de manière anonymisée, quart d’heure par quart d’heure, et donc de distinguer les signaux mobiles émis par le téléphone d’un visiteur du parc ou d’un passant. Si je devais tirer un bilan de cette expérience ? Cette solution innovante nous a permis d’étendre de manière significative la masse d’informations utiles pour la gestion des infrastructures. Les nouvelles données qui en sont tirées, enrichissent, améliorent, et accréditent les analyses de manière significative. Ces analyses offrent ainsi une vision précise et complète du comportement routier."